Site : Retraite dans la ville
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Le Carême est-il toujours d’actualité ?
Evelyne Montigny rencontre le Père Philippe Verdin, dominicain :
1) Le Carême en 2010 est-il toujours d’actualité ?
2) Quel engagement prend le chrétien quand il débute le Carême ?
3) Certains chrétiens aspirent à un retour du jeûne de façon plus approfondie. Cette démarche ne doit-elle pas être accompagnée d’autre chose ?
4) La prière et l’aumône, les deux autres attitudes spirituelles importantes pour se tourner vers le Seigneur, pourquoi est-ce si important de s’y attarder ?
5) Pour vous, Philippe Verdin, dominicain, quelle saveur a le Carême ?
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Site : Le pardon, la force des chrétiens
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Ancien maître de l’Ordre des dominicains, Timothy Radcliffe expose avec humanité la théologie du pardon. Il n’est pas l’oubli mais le triomphe de l’Amour qui guérit avec le temps, les blessures des victimes. Un acte où la parole est essentielle.
Le sens du désert
" Qu’est-ce que c’est que le désert ? C’est l’espace où l’âme s’envole !"
Saint Exupéry
Dans le désert, on est obligé de marcher. Si tu restes sur place, tu meurs. Donc, avance, quelle que soit le poids de ta vies.
dans le désert, on se sent tout petit. Quand tu vois cette étendue immense de rochers, de sable et de dunes. et, à l’infini, des dunes, des dunes, et encore des dunes. Et, quand tu es au sommet face à l’infini ce sable, et du soleil brûlant qui ne faiblit pas, tu te sens pris d’un sentiment de vertige !
Dans le désert, c’est le silence, l’écoute. Dans le silence du désert, écouter les battements de ton cœur ! "Écoute ton cœur", avant de prendre une décision. Et tu verras qu’il te dira beaucoup de choses. Quand tu as une difficulté énorme : "Fais silence !" Car les bruits, souvent autour, amplifient la souffrance. Mais ce silence nous met en face de l’essentiel.
Le désert nous place en face de l’essentiel
Qu’est-ce qui fait que nous existons ?
Qu’est-ce qui fait que nous nous retrouvons ?
Qu’est-ce qui fait que nous avançons ?
Qu’est-ce que nous faisons pour prier ?
Il ne s’agit pas d’ajouter des prières à des prières, des mots à des mots, ni même d’allonger notre temps de prière, mais d’y mettre de la qualité, plus que de la quantité. D’y mettre du feu, plutôt que de l’effort et de l’observance. "
"Dans les livres, on cherche Dieu ; dans la prière, on le trouve", disait Padre Pio.
3 conseils pour ce voyage vers Pâques
1 : prendre du temps, prendre le temps de la relation. On court, on est débordés ; alors c’est bon de s’arrêter un peu, de "traîner" un petit peu avec certaines personnes, qu’on voudrait éviter parfois. Aimer, c’est prendre du temps pour l’autre. Pour un père, prendre du temps avec ses enfants, même "perdre" du temps avec les plus jeunes. Pour retrouver le cœur de l’autre.
2 : Quand nous sommes contrariés, nous nous tendons, nous nous révoltons. Essayons de sourire à chaque fois. Et ça donne des forces pour résister. L’humour nous donne la distance nécessaire pour ne pas être écrasé par les problèmes et les difficultés. L’humour ouvre toujours la porte à l’amour. Si tu arrives à sourire, (peut-être aussi de toi), tu arriveras à être vite en union avec Jésus.
3 : on se critique souvent les uns les autres ; c’est facile, quand l’autre n’est pas là : il ne peut pas se défendre. Essayons de moins critiquer, exerçons-nous au regard positif... sur l’autre, sur l’amour, la vie et l’infini.
Bien sûr qu’il y a des choses qui ne vont pas. Mais voir d’abord ce qu’il y a de bien, chez mon voisin, mon cousin, mon conjoint. Un rap ryhmait : "Ne signaler les ornières que pour baliser la lumière !" Le sens critique. Il faut en avoir. Mais pas l’esprit de critique.
Alors demandons ce regard positif !
Un temps joyeux et exigeant
Tel le joueur avant le match. Il nous revient de nous tendre vers un accomplissement.
Si ce moment de la conversion à la Parole de Dieu est relativement secret et discret, il construit déjà un second moment d’un même mouvement :
l’écoute des frères, l’écoute de ceux qui sont dans la peine.
L’effort de Carême est constructeur d’une meilleure solidarité universelle.
Eteindre le PC ou la radio… pour se parler.
Fermer la télévision… pour que le dîner familial devienne le temps d’un véritable échange.
Débrancher le MP3 (walkman) pour voir et écouter la détresse du voisin dans le métro.
Ne pas laisser l’émotion d’une info grave au JT être recouverte quelques minutes plus tard par une publicité fantaisiste !
Bref, se tendre d’un même mouvement vers le réel de la rencontre de l’autre, le découvrir comme une personne.
La chasteté et l’abstinence demandées spécialement le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint procèdent du même mouvement avec une intensité plus exigeante ; il s’agit de réapprendre son corps comme un corps en maîtrise, non seulement respecter le corps de l’autre, mais avoir la patience de l’attendre et le redécouvrir.
Ces gestes ne sont pas tristes…
Il n’est pas triste de réajuster la tonalité la plus ample et la plus belle pour le cadre de notre cœur !
Il n’est pas triste de réajuster le piano ou le violon pour que le concert sonne juste et bien !
Le 1er jour est le dimanche !
N’en déplaise aux agendas, le 7e jour est le samedi !
Les premiers Chrétiens, pour qui la résurrection du Christ était tellement essentielle qu’elle invitait à un nouveau départ, qu’ils déplacèrent le repos du samedi au dimanche.
Le dimanche est le jour du basculement de la mort à la vie, de la fatigue à la fraîcheur d’un matin neuf de printemps où tous les possibles sont déployés comme des promesses.
C’est pour cela que les dimanches de Carême ne sont pas Carême. Le marathonien le sait. S’il souhaite aller au bout des 42 kms, il lui faudra, chaque 5 kms, casser le rythme de la course et grignoter une orange et boire pour tenir bon jusqu’au bout !
Les dimanches de Carême rythment notre espérance jusqu’à la veillée pascale où nous fêterons la résurrection du Christ.
40, une symbolique de la durée
Tout tient dans un chiffre : 40.
Entre le Mercredi des Cendres et le Dimanche de Pâques, il y a 46 jours. Or, les 6 dimanches de Carême ne sont pas Carême = 46 – 6 = 40, le compte y est.
40, comme 40 ans de marche dans le désert pour le peuple hébreu.
40, comme l’annonce de Jonas auprès de Ninive : « encore 40 jours et Ninive sera détruite ! »
40, comme 40 jours entre Noël et la présentation de Jésus par Marie au temple.
40, comme le séjour de 40 jours de Jésus et la durée de tentation au désert.
40 est un chiffre symbolique qui invite à éprouver dans la durée un passage, une épreuve, un temps pour se convertir et se relever.
40 est aussi le chiffre d’une plénitude et un temps d’accomplissement.
Il y aura 40 jours entre Pâques et l’Ascension : 40 jours pour signifier la présence du Christ ressuscité au milieu de ses disciples, avant d’en rajouter 10 jours pour atteindre au dimanche et au lundi de Pentecôte ! qui est lui le véritable 50e jour après Pâques.
Le symbolisme religieux donne à nos jours une orientation... vers Pâques !

